« La démocratie, l’État de droit et les droits fondamentaux sont les fondements sur lesquels repose l’Union européenne. La démocratie est une valeur européenne fondamentale et une condition préalable à l’adhésion à l’UE ». Ce sont les mots d’ouverture de la Communication de la Commission européenne qui, jeudi dernier, a présenté le plan d’action pour la démocratie européenne, afin de « édifier des démocraties plus résilientes dans toute l’UE ». Il s’agit d’un effort supplémentaire visant à endiguer les extrémismes ainsi qu’à promouvoir les libertés politique et d’information à travers des actes juridiques en matière de publicité politique. Parallèlement, la Commission s’occupera aussi de garantir la sécurité des journalistes et d’améliorer le code de bonnes pratiques existant contre la désinformation, par le biais d’un suivi transparent et rigoureux des plateformes en ligne.
La présidente de la Commission européenne, Mme Ursula von der Leyen, s’est exprimée dans les termes suivants: «Avec la révolution numérique en cours, les citoyens doivent pouvoir faire des choix dans un espace où les points de vue peuvent s’exprimer librement. Les faits doivent être distingués de la fiction et des médias libres et la société civile doivent pouvoir participer à un débat ouvert, exempt d’ingérences malveillantes. LUE prend donc des mesures pour rendre nos démocraties plus résilientes ».
Les citoyens européens doivent donc pouvoir jouir de l’un de leur droits fondamentaux : la liberté de pouvoir penser et s’exprimer librement. Cela se met en place grâce aux trois piliers exposés par la Commission dans ce plan. Le premier concerne la promotion d’élections libres et régulières, avec un réexamen des règles relatives au financement des partis politiques européens et l’adoption d’actes législatifs pour la transparence de la publicité politique. Afin de réaliser cet objectif, la Commission, en plus d’organiser une manifestation de haut niveau qui rassemblera les différentes autorités pour relever les défis en rapport avec les processus électoraux, soulignera l’importance de la participation active des jeunes, élément essentiel de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse. Le deuxième pilier s’engage pour le renforcement de la liberté et du pluralisme des médias, en proposant en 2021 une recommandation sur la sécurité des journalistes, ainsi qu’une initiative visant à protéger les journalistes et la société civile, en limitant le recours abusif aux poursuites stratégiques altérant le débat public. Dans le contexte européen, dans lequel les menaces et les attaques contre les journalistes ne cessent pas d’augmenter, le plan d’action pour la démocratie européenne souhaite soutenir le pluralisme des médias. Lutter contre la désinformation est le dernier pilier du plan et consiste à réviser le code de bonnes pratiques sur la désinformation, définie clairement par la Commission « un contenu faux ou trompeur qui est diffusé dans l’intention de tromper ou de s’assurer un gain économique ou politique et qui peut causer un préjudice public », en réglant les obligations et les responsabilités des plateformes en ligne. Ce plan va donc de pair avec le plan d’action pour les médias et l’audiovisuel.
Mme Věra Jourová, vice-présidente chargée des valeurs et de la transparence, a déclaré pour sa part: «La démocratie ne saurait être tenue pour acquise; elle doit être cultivée et protégée. Notre plan a pour objectif de défendre et d’encourager une participation constructive des citoyens en leur donnant les moyens de faire des choix librement dans l’espace public, sans être manipulés. Nous devons mettre à jour les règles pour tirer parti des possibilités offertes par l’ère numérique et relever les défis qui l’accompagnent. Le plan propose des mesures visant à renforcer la protection des journalistes et à lutter contre la désinformation et l’ingérence tout en protégeant pleinement la liberté d’expression ».
Nos cultures démocratiques européennes, dans toute leur diversité, sont remises en question par la transformation numérique. Cependant, les défis que l’UE doit relever dépassent les frontières de l’Union, raison pour laquelle toute action menée à l’intérieur de l’UE va avoir bien évidemment un impact extérieur.
Arianna Barile

