La Cour d’appel rejette la demande de l’accusation mais renvoie le procès à février. Et Becciu reste cloué à une condamnation injuste pendant encore quatre mois (S. et G. Cavalleri)

Le procès en appel en cours au Vatican sur la gestion des fonds de la Secrétairerie d’État, centré sur l’achat d’un immeuble de luxe à Londres, a été reporté au 3 février 2026. Lors de la quatrième audience, la cour, présidée par Mgr Alejandro Arellano Cedillo, doyen de la Rote romaine, a rejeté la demande du promoteur adjoint Roberto Zanotti, qui souhaitait ajourner la procédure pour permettre à la Cour de cassation de statuer sur la requête des défenses visant à déclarer irrecevable le recours du procureur Alessandro Diddi, déjà acceptée lors de l’audience précédente. Toutefois, l’ordonnance lue aujourd’hui a renvoyé la poursuite du procès au 3 février, répondant en partie aux attentes de l’accusation, qui pourrait d’ici là obtenir gain de cause auprès de la Cassation.

Sur le plan formel, l’Office du Promoteur de justice a donc dû encaisser un nouveau refus de la part du tribunal. Cependant, ce renvoi au mois de février adoucit la situation du procureur Diddi, dont les motifs d’appel avaient été rejetés pour avoir été déposés hors délai. Une erreur formelle qui dissimule toutefois une grande assurance, nourrie lors du précédent procès par une série d’actes discrétionnaires du pape régnant, législateur suprême, ayant modifié les règles procédurales au bénéfice de l’accusation.

« Nous considérons absolument correcte la décision de la Cour d’appel qui a rejeté la demande de suspension présentée par le Promoteur. Nous sommes certains du bien-fondé de notre appel, tant sur les questions de procédure que sur le fond », ont déclaré les avocats Fabio Viglione et Maria Concetta Marzo, défenseurs du cardinal Becciu.

« Nous attendons sereinement la décision de la Cour de cassation sur la récusation du Promoteur, ainsi que celle relative à la déclaration d’irrecevabilité de son propre appel. À notre avis, le jugement de première instance, bien qu’il ait réduit certaines accusations, a conduit à une condamnation sans preuves, fondée sur des arguments fragiles et inconsistants », ont-ils ajouté.

De son côté, le directeur de FarodiRoma, Salvatore Izzo, a souligné que « au-delà des débats juridiques, demeure la honte de voir un homme de bien, comme le cardinal Becciu, crucifié par une condamnation injuste, et désormais contraint d’attendre plus longtemps le procès qui devrait le réhabiliter. Il offre sa souffrance pour le bien de l’Église et du monde. D’autres accusés sont dans la même situation, condamnés sans preuves et probablement sans avoir commis de délits. Nous attendons justice pour tous ».

Sante et Giancarlo Cavalleri
Source : AGI