Les guerres, « fruit de l’idolâtrie du pouvoir et de l’argent » ; les richesses à redistribuer contre les abîmes entre privilégiés et exclus ; et la protection de la vie, naissante et indigente. Un voyage éclair – environ 9 heures – dans la Principauté de Monaco, au cours duquel le pape Léon XIV relance son appel à ne pas s’habituer « au fracas des armes, aux images de guerre ». « La paix – affirme-t-il lors de l’homélie de la messe célébrée au stade Louis II, dernier rendez-vous de la journée – n’est pas un simple équilibre des forces, c’est l’œuvre de cœurs purifiés, de ceux qui voient en l’autre un frère à protéger, et non un ennemi à abattre ». « Combien de calculs sont faits dans le monde pour tuer des innocents ; combien de fausses raisons sont invoquées pour les éliminer ! », souligne le Pontife. « Chaque vie brisée est une blessure au corps du Christ », observe-t-il, rappelant qu’à la base des calculs politiques se trouve la peur et, derrière elle, l’attachement au pouvoir. « C’est la miséricorde qui sauve le monde » et qui repousse la culture du rejet. Il faut se libérer de l’idolâtrie qui rend « le cœur esclave », l’achète et le corrompt, « laissant le prochain dans la misère et la tristesse ».
C’est la première fois, à l’époque contemporaine, qu’un pape visite la Principauté, deuxième plus petit État du monde après la Cité du Vatican, mais l’un des plus riches, symbole du luxe et paradis fiscal par excellence. Léon arrive en hélicoptère, par une belle journée ensoleillée, accueilli avec enthousiasme par les Monégasques massés le long des rues, entre les tribunes du Grand Prix et la mer scintillante remplie de yachts. Le prince Albert II et la princesse Charlène, vêtue de blanc, participent à toutes les étapes du programme.
La Principauté de Monaco est l’un des rares pays où la foi catholique est religion d’État, et le pape souligne l’engagement des chrétiens à être « une présence qui n’écrase pas mais élève, qui ne sépare pas mais unit, prête à protéger avec amour toute vie, en toute circonstance, afin que personne ne soit exclu de la table de la fraternité ». « C’est la perspective de l’écologie intégrale », ajoute-t-il.
Depuis la fenêtre du palais princier, aux côtés de la famille royale, Léon insiste sur « le don de la petitesse ». « Dans la Bible, ce sont les petits qui font l’histoire ! », affirme-t-il, appelant à une richesse « au service du droit et de la justice », face à la logique de domination qui menace la paix.
D’où l’appel à redistribuer les richesses contre « les structures injustes qui creusent des abîmes entre pauvres et riches, privilégiés et exclus ». « Chaque talent et chaque bien ont une destination universelle », rappelle-t-il.
« Défendons-nous vraiment l’être humain ? », interroge-t-il encore, appelant à dépasser une logique économique centrée sur le profit. Aux jeunes, enfin, il demande de ne pas avoir peur de « tout donner », mettant en garde contre la superficialité des réseaux sociaux et des « likes » qui ne comblent pas le cœur.
Eliana Ruggiero pour AGI





