Le Pape demande à nouveau la fin des hostilités alors que la guerre entre la Russie et l’Ukraine continue de faire parvenir des nouvelles de victimes innocentes, de blessés et d’attaques qui touchent également la population civile. « Parmi elles, des enfants aussi », souligne Léon XIV, qui appelle les deux parties à respecter le droit international humanitaire et indique dans la diplomatie et le dialogue la seule voie pour sortir de la spirale de la violence. Le Souverain Pontife a également lancé un appel en faveur de la paix au Soudan.
Les souffrances provoquées par la guerre entre la Russie et l’Ukraine continuent de s’accumuler, tandis que les nouvelles en provenance du front et des villes touchées racontent une fois encore des victimes innocentes, des familles brisées, des blessés et des enfants pris dans une tragédie qui semble ne pas connaître de fin. C’est à partir de cette réalité dramatique que le pape Léon XIV a voulu commencer son appel aux fidèles.
« Des nouvelles douloureuses de personnes innocentes tuées et blessées en Ukraine et en Russie continuent de nous parvenir », a déclaré Prevost, soulignant que « des épisodes tragiques se succèdent, ou plutôt se multiplient, provoquant toujours plus de victimes civiles, parmi lesquelles des enfants ».
Ces paroles ne se limitent pas à enregistrer le énième bilan d’une guerre qui est désormais entrée dans sa cinquième année, mais remettent avec force au premier plan la question des conséquences humaines du conflit. Derrière chaque chiffre se trouvent des personnes, des familles, des communautés et des vies détruites ou bouleversées. Et c’est précisément aux familles des victimes, aux blessés et à tous ceux qui souffrent à cause de la guerre que le Pape a exprimé sa proximité.
Face à cette douleur, Léon XIV a renouvelé ce qu’il a défini comme un « appel pressant » afin que les deux parties respectent le droit international humanitaire. Un rappel particulièrement significatif puisqu’il concerne l’un des principes fondamentaux de la protection des populations pendant les conflits : la distinction entre les objectifs militaires et les civils, ainsi que la nécessité d’éviter les attaques indiscriminées contre la population.
« Il est nécessaire, des deux côtés », a déclaré le Pontife, « de respecter le droit humanitaire et d’éviter les attaques qui touchent des objectifs civils ». Une condamnation qui ne désigne pas une seule partie, mais qui place une responsabilité devant tous les acteurs impliqués : la protection de la vie humaine ne peut être subordonnée à la logique des représailles ou à la poursuite indéfinie des opérations militaires.
Le Pape a ensuite prononcé une phrase qui résume le cœur de son message : « La guerre ne fait qu’engendrer davantage de guerre et provoque d’immenses souffrances ».
C’est un principe élémentaire et, en même temps, dramatiquement difficile à affirmer lorsque la violence tend à s’alimenter elle-même. À chaque attaque succède une réponse, puis à la réponse une nouvelle attaque, tandis que la frontière entre objectifs militaires et population civile devient toujours plus fragile et que le prix est surtout payé par ceux qui n’ont pas choisi la guerre.
La proximité spirituelle de Léon XIV avec les souffrances du Soudan
Pour Léon XIV, le moment est donc venu d’interrompre ce mécanisme : « Il est temps d’arrêter la spirale de la violence et de laisser place à la diplomatie et au dialogue pour ouvrir le chemin vers la paix ».
Il en va de même pour le Soudan, lui aussi théâtre d’une guerre interminable et sanglante : « Je continue de suivre avec préoccupation la situation tragique au Soudan, en particulier dans la ville d’El Obeid, en exprimant ma proximité spirituelle avec tout le peuple de cette nation », a-t-il déclaré en anglais à la fin de l’Angélus, lorsqu’il a renouvelé son appel « à ceux qui sont en première ligne pour garantir l’aide humanitaire à la population civile ».
« En même temps, j’exhorte la communauté internationale à soutenir les efforts et à apporter un soulagement immédiat. Je prie pour que le Seigneur puisse arrêter ceux qui souffrent, convertir les cœurs de ceux qui infligent tant de violence et accorder la paix tant attendue. »
L’espérance confiée aux jeunes
Après avoir évoqué la guerre, le Pape a adressé son salut aux pèlerins présents place Saint-Pierre, en accordant une attention particulière aux jeunes. Il a salué les jeunes de la communauté Sainte-Marie-Madeleine du diocèse de Milan, qui ont parcouru la Via Francigena de Sienne à Rome ; les scouts d’Enna, engagés dans leur camp dans les collines romaines ; ainsi que les jeunes de Pernumia, dans la province de Padoue.
La présence de tant de groupes de jeunes, a observé Léon XIV, représente un « signe d’espérance ». Les garçons et les filles qui choisissent de consacrer une partie de leurs vacances à des activités de formation, à l’amitié et au partage montrent en effet un modèle alternatif à la culture de l’individualisme et de la compétition.
Le Pape a également relié cette expérience à la rencontre qu’il a eue les jours précédents à Assise avec les jeunes franciscains, rappelant la joie de cette rencontre et invitant les jeunes à se laisser interpeller par les figures des saints.
Dominique, Thérèse-Bénédicte, Laurent et Claire
Le calendrier liturgique propose, a rappelé Léon XIV, quelques figures particulièrement significatives. Hier, saint Dominique, fondateur de l’Ordre des Frères prêcheurs ; aujourd’hui, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, Edith Stein, assassinée à Auschwitz et proclamée copatronne de l’Europe ; demain, saint Laurent, diacre de l’Église de Rome ; après-demain, sainte Claire d’Assise.
Des figures très différentes les unes des autres, mais unies par un choix radical de vie et de témoignage.
La référence à Edith Stein revêt en particulier une forte signification précisément dans le contexte de l’appel contre la guerre. Juive convertie au christianisme, philosophe et religieuse carmélite, Thérèse-Bénédicte de la Croix fut déportée et assassinée à Auschwitz en 1942. Son histoire appartient à la mémoire des victimes de la persécution nazie et représente l’un des symboles européens de la tragédie produite par le racisme, l’antisémitisme et la déshumanisation de l’autre.
Saint Laurent renvoie quant à lui aux origines de l’Église de Rome et à la dimension du service aux pauvres, tandis que sainte Claire témoigne du choix d’une vie radicalement inspirée par la pauvreté évangélique, à l’exemple de saint François.
« Laissez-vous enthousiasmer par ces témoins exemplaires de l’Évangile », a suggéré Léon XIV en s’adressant aux jeunes.
C’est une invitation qui s’inscrit de manière cohérente dans le message prononcé sur la guerre. Face à un monde dans lequel la violence tend à se présenter comme inévitable, le Pape propose en effet des témoignages fondés sur le service, la fraternité, le sacrifice et la recherche de la paix.
Sur le lac de Galilée, Jésus a enseigné à ne pas désespérer face aux difficultés et aux échecs
« En toute circonstance, Jésus ne nous abandonne pas et, si nous l’accueillons humblement dans la barque de notre vie — par la prière, par les sacrements, par l’écoute de sa Parole —, en lui nous trouverons la paix, nous trouverons la lumière et la force pour notre chemin », a affirmé le pape Léon en introduisant la récitation de l’Angélus.
Le Pontife a commenté l’Évangile de ce dimanche, qui raconte comment Jésus, sur le lac de Galilée, rejoint les disciples au milieu d’une tempête, en marchant sur les eaux. Après le miracle des pains et des poissons, le Maître pousse ses disciples à monter dans la barque et à prendre le large, tandis que lui se retire sur la montagne, seul, pour prier.
Loin du rivage, cependant, ils se retrouvent à la merci du vent et peinent à avancer. « Après une expérience de réussite, au cours de laquelle ils avaient été les protagonistes d’un signe prodigieux, les voilà maintenant impuissants et effrayés face à la menace des vagues et du vent contraire. »
À la fin de la nuit, Jésus va à leur rencontre sur les eaux agitées et, pris de peur, ils le prennent pour un fantôme. Mais il leur dit : « Courage, c’est moi, n’ayez pas peur ! »
« La présence du Seigneur change tout : Pierre parvient même à faire quelques pas sur les vagues vers lui ; puis il prend peur, s’enfonce et Jésus le sauve. Lorsque le Maître monte dans la barque, la tempête s’apaise et jaillit alors spontanément du cœur des disciples la profession de foi : “Vraiment, tu es le Fils de Dieu !” »
« Pour en arriver là — a expliqué Léon —, il ne leur a pas suffi d’avoir assisté à un miracle, ni d’avoir connu le succès devant les gens : ils ont dû traverser l’expérience de leur faiblesse et, en elle, reconnaître la présence de Dieu. Ce n’est qu’ainsi qu’ils ont pu véritablement ouvrir les yeux et le cœur à sa proximité, retrouvant la paix même au milieu de la tempête. »
Sur le lac, les disciples ont fait l’expérience de « la paix du Christ, qui était allé prier sur la montagne et qui les a rejoints au milieu de la fureur des eaux ».
« Ce miracle, alors, nous enseigne quelque chose d’important — a expliqué le Pape — : tout d’abord, à ne pas nous exalter devant le succès et à ne jamais présumer de nous-mêmes ; et en même temps, à ne pas désespérer, même dans les moments d’obscurité, lorsque nous nous sentons impuissants face aux problèmes et que, malgré nos efforts, nous avons l’impression de reculer plutôt que d’avancer. »
La paix comme choix concret
Le fil qui relie les paroles prononcées par Léon XIV sur la guerre, la catéchèse sur l’espérance face aux difficultés — et à nos désastres — et celles adressées aux jeunes est une idée précise de responsabilité.
La paix ne peut pas être confiée uniquement aux gouvernements et aux négociateurs, pas plus que la solidarité ne peut être déléguée exclusivement aux institutions.
La condamnation de la guerre doit se traduire par la défense concrète des victimes, par l’aide humanitaire, par la protection des civils et par le soutien à toute initiative diplomatique capable de rouvrir un canal de dialogue entre les parties.
En ce sens, l’appel du Pape aujourd’hui contient également une indication opérationnelle précise : arrêter la spirale de la violence signifie créer les conditions permettant à la diplomatie de redevenir un acteur central. Cela signifie protéger les civils, respecter le droit humanitaire, garantir l’accès à l’aide et construire des espaces dans lesquels la Russie et l’Ukraine puissent aborder les questions en suspens par la négociation.
La diplomatie n’est pas présentée comme une solution abstraite ni comme une alternative naïve à la réalité militaire. Au contraire, elle est indiquée comme l’instrument nécessaire pour transformer un conflit armé en un processus politique capable de traiter les questions qui ont alimenté la guerre. Le dialogue devient ainsi non pas un signe de faiblesse, mais la seule possibilité concrète d’empêcher que le nombre des victimes continue d’augmenter.
L’appel du Pape intervient en outre à un moment où la guerre a pris une dimension toujours plus dévastatrice pour les populations. Les infrastructures civiles, les habitations et les services essentiels restent exposés à la violence et, avec les militaires, ce sont surtout les civils qui paient le prix de la poursuite des hostilités.
Le mot « paix », dans le langage de Léon XIV, ne coïncide donc pas avec une simple pause des armes. Il exige un processus politique et diplomatique. Il exige que la communauté internationale considère à nouveau comme prioritaire la protection de la vie et que la recherche d’une solution négociée ne soit pas continuellement repoussée.
« La guerre ne fait qu’engendrer davantage de guerre » : c’est une phrase simple, mais qui contient un choix politique et moral : refuser l’idée que la violence soit le seul langage possible et reconnaître que, même dans les situations les plus dramatiques, la paix doit redevenir l’objectif vers lequel orienter chaque décision.
Alors que les armes continuent de parler et que les victimes innocentes se multiplient, Léon XIV relance ainsi un mot qui risque de paraître fragile, mais qui reste le seul capable d’interrompre véritablement la chaîne des souffrances : le dialogue.
Non pas une paix proclamée uniquement dans les déclarations, mais une paix construite à travers le droit, la diplomatie, la solidarité et la capacité de reconnaître dans l’autre, avant même de voir un adversaire, une personne.
Letizia Lucarelli




