« Que les instruments de la guerre cèdent la place à ceux de la paix ». L’appel de Léon XIV place Saint-Pierre à l’occasion des canonisations et de la Journée mondiale des missions, sur le thème choisi par le pape François : « Missionnaires d’espérance parmi les peuples »

« Que les instruments de la guerre cèdent la place à ceux de la paix, par un dialogue inclusif et constructif. » C’est l’appel lancé par le pape Léon après avoir évoqué en particulier les tensions au Myanmar, à la fin de la cérémonie de canonisation de sept nouveaux saints qu’il a présidée place Saint-Pierre, en présence de plus de 70 000 fidèles. « Les nouvelles qui nous parviennent du Myanmar – a-t-il dit – sont malheureusement douloureuses : elles font état de combats armés et de bombardements aériens incessants, y compris contre des civils et des infrastructures civiles. Je suis proche de tous ceux qui souffrent à cause de la violence, de l’insécurité et de tant de détresses. »

« Confions à l’intercession de la Vierge Marie et des nouveaux saints – a poursuivi le pontife latino-américain – notre prière incessante pour la paix en Terre Sainte, en Ukraine et dans les autres régions en guerre. Que Dieu accorde à tous les responsables sagesse et persévérance pour progresser dans la recherche d’une paix juste et durable », a-t-il souligné.

La 99e Journée mondiale des missions

Léon XIV a rappelé également que « nous célébrons aujourd’hui la Journée mondiale des missions ». « L’Église – a-t-il commenté – est tout entière missionnaire, mais aujourd’hui nous prions spécialement pour ces hommes et ces femmes qui ont tout quitté pour porter l’Évangile à ceux qui ne le connaissent pas encore. Ce sont des missionnaires d’espérance parmi les peuples. Que le Seigneur les bénisse ! »

Le thème choisi en janvier dernier par le pape François, peu avant son hospitalisation au Gemelli, « Missionnaires d’espérance parmi les peuples », n’est pas un slogan mais une orientation spirituelle qui touche en profondeur le cœur de l’expérience chrétienne et du chemin de l’Église dans le monde contemporain. Le pape argentin invitait chaque baptisé à se redécouvrir comme envoyé, appelé non seulement à annoncer l’Évangile par des paroles, mais à le vivre comme le signe d’une espérance concrète et crédible, capable de traverser les ombres de notre temps.

Le message s’articule autour de trois axes qui s’entrelacent comme les fils d’une même trame : l’imitation du Christ comme source d’espérance, le témoignage quotidien de ceux qui portent l’espérance parmi les peuples, et le renouveau missionnaire de l’Église elle-même, en rappelant que Jésus n’est pas une idée abstraite, mais une présence vivante, proche, qui s’est faite compagne de l’homme dans la peine et la souffrance. « Passant en faisant le bien et guérissant tous – lit-on dans le texte citant l’Évangile – le Christ a montré que la mort et la haine n’ont pas le dernier mot. Dans un monde blessé par les guerres, les inégalités, les crises environnementales et les solitudes, la foi chrétienne doit redevenir une semence de consolation, de confiance et de fraternité réelle. »

Être missionnaire aujourd’hui ne signifie donc pas accomplir des gestes héroïques ni partir vers des terres lointaines. La mission se réalise chaque jour, là où l’on vit, à travers des gestes de proximité, d’écoute et de dialogue. « Nous sommes connectés, mais pas en relation », avertissait François, et c’est pourquoi la mission demande avant tout la capacité d’entrer en relation authentique avec les autres, de partager leurs espérances et leurs blessures, de marcher ensemble. C’est une mission faite d’humilité et de tendresse, où l’Église est appelée à se rapprocher des plus pauvres, des oubliés, de ceux qui portent en silence le poids d’une douleur ou d’une peur.

La dimension missionnaire, dans la pensée de Bergoglio, ne concerne pas seulement l’action individuelle, mais la vie de l’Église dans son ensemble. François la décrit comme une Église « en sortie », capable de se renouveler sans cesse dans son être communauté d’espérance. La mission, en effet, ne se limite pas à une annonce initiale, mais constitue un chemin permanent qui implique la prière, la formation et la vie fraternelle. Chaque communauté chrétienne est appelée à devenir un « lieu d’espérance », où la foi est vécue et témoignée comme une expérience de lumière partagée.

Le pape latino-américain soulignait également l’importance de la prière, qu’il définissait comme la première forme d’action missionnaire. Prier signifie maintenir vivante la relation avec Dieu et rappeler que la mission naît toujours de la rencontre avec Lui. Sans ce lien, toute activité risque de devenir stérile ou de se réduire à une simple philanthropie. Seul un cœur habité par l’espérance peut engendrer l’espérance chez les autres.

Le message de cette année invite donc à regarder le monde avec un regard nouveau. Les blessures de notre temps ne doivent pas nous conduire au découragement, mais nous pousser à devenir des signes d’un amour plus grand. La mission n’est pas un privilège de quelques-uns, mais un appel qui concerne tous : ceux qui partent et ceux qui restent, ceux qui prient et ceux qui agissent, ceux qui bâtissent la paix dans les familles, les écoles, les lieux de travail. Tous nous pouvons être, par des gestes simples, des missionnaires d’espérance. Chaque homme et chaque femme, partout dans le monde, est appelé à être témoin d’une espérance qui ne déçoit pas. C’est une invitation à ne pas se refermer, à ne pas se laisser paralyser par la peur, mais à croire que la mission continue, car l’espérance renaît chaque fois que quelqu’un choisit de donner sa vie par amour.

Sante Cavalleri