La croissance des néophytes catholiques en France. Léon XIV aux catéchumènes : « Votre soif de Dieu contredit tout pessimisme stérile ». En France, plus de 20 000 nouveaux baptisés (Letizia Lucarelli)

« Comme vous et avec vous, je suis étonné du nombre de personnes qui se présentent à nouveau aux seuils de la foi et du nombre d’adultes qui demandent les sacrements de l’initiation chrétienne ». C’est ce qu’a déclaré le pape Léon XIV en rencontrant à Paris des catéchumènes et des néobaptisés, lors d’une rencontre qui a pris une signification particulière à la lumière de l’augmentation du nombre de personnes qui, dans une société fortement sécularisée, choisissent de se rapprocher de l’Évangile.

Le phénomène apparaît particulièrement significatif en France. En 2025, les catéchumènes adultes ont été plus de 20 000, après avoir déjà dépassé les 15 000 l’année précédente. Des chiffres qui ont également frappé le Souverain Pontife, qui a invité à ne pas les interpréter uniquement à travers les catégories sociologiques. Plus précisément, les nouveaux baptisés adultes en France sont au nombre de 13 234 en 2026. Ce chiffre provient de l’enquête nationale de la Conférence des évêques de France et indique une augmentation de 28 % par rapport à 2025 ; en dix ans, les baptêmes d’adultes ont plus que triplé, passant de 4 124 en 2016 à 13 234 en 2026. À ceux-ci s’ajoutent environ 8 100 adolescents, pour atteindre un total de 21 380.

« Il peut sembler paradoxal que ce phénomène, par lequel tant de personnes redécouvrent l’Évangile et embrassent la foi, se situe dans le contexte d’une société comme la société française, marquée par une culture fortement sécularisée », a observé Léon XIV. « Votre expérience et votre témoignage, chers catéchumènes et néophytes, sont le signe tangible de l’œuvre de la grâce de Dieu, qui va au-delà des analyses statistiques et sociologiques », a-t-il affirmé.

Pour le Pape, cette nouvelle demande de spiritualité constitue également une réponse concrète à toute lecture pessimiste de la situation de l’Église. « Ce phénomène contredit toute attitude défaitiste et ce que le pape François appelait le “pessimisme stérile” », a souligné Léon XIV, voyant dans la présence des nouveaux croyants non seulement une réalité à constater, mais aussi une responsabilité à assumer.

« Nous sommes en effet appelés à nous tourner vers nos frères et nos sœurs, en redécouvrant le style propre de Dieu, fait de proximité, de compassion et de tendresse », a déclaré le Souverain Pontife.

L’accueil des nouveaux croyants, a expliqué Léon XIV, exige toutefois une préparation adéquate de la part des communautés chrétiennes. Le rôle de ceux qui accompagnent les catéchumènes dans leur parcours vers le Baptême et les autres sacrements de l’initiation chrétienne est particulièrement important.

« Le rôle des formateurs est d’une importance fondamentale », a affirmé le Pape, en rappelant « l’ancienne tradition de l’Église ». Il s’agit, a-t-il ajouté, de « préparer des parrains et des marraines, expression de la communauté, spécialement formés pour initier les néophytes ».

La formation, selon Léon XIV, ne peut précisément pas être improvisée. « Dans le cadre de cette formation, je souhaite recommander une connaissance approfondie du Rituel de l’initiation chrétienne des adultes », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’un accompagnement capable de respecter la complexité des histoires personnelles.

« En même temps, il est nécessaire que les acteurs pastoraux soient formés non seulement sur le plan biblique, théologique, liturgique et de la vie spirituelle, mais aussi du point de vue des qualités humaines », a réaffirmé le Pape. L’objectif, a-t-il expliqué, est de « savoir discerner et accompagner ceux qui ont des parcours de vie plus complexes et moins linéaires ».

Les histoires de ceux qui s’approchent de la foi sont en effet différentes et ne peuvent être ramenées à un modèle unique. « Nous l’avons entendu il y a quelques instants », a rappelé Léon XIV, « certains arrivent avec une simple soif spirituelle, une recherche de sens et une attirance envers l’Évangile, tandis que d’autres arrivent marqués par des expériences douloureuses, des situations de solitude et de profondes difficultés ».

C’est précisément face à ces expériences différentes que, selon le Souverain Pontife, la communauté chrétienne est appelée à montrer son visage le plus accueillant. « C’est ici que le style de la proximité, de la compassion et de la tendresse prend tout son sens », a-t-il affirmé. « Il faut trouver un équilibre judicieux pour les accueillir, les écouter et, en même temps, les encourager à relever les défis exigeants de la foi », a-t-il ajouté.

Léon XIV a ensuite invité l’Église de France à considérer l’arrivée de tant de nouveaux croyants non comme un phénomène étranger à la vie des communautés, mais comme une occasion de renouvellement pour tous.

« Accueillir les nouveaux chercheurs de Dieu en y découvrant une opportunité et une mission », a déclaré le Pape. « L’opportunité réside dans le fait que, grâce à eux, la communauté des croyants renouvelle elle aussi son chemin de foi et expérimente d’une manière nouvelle la joie de l’Évangile », a-t-il expliqué.

La mission, a poursuivi Léon XIV, concerne quant à elle la manière concrète d’accompagner ces personnes également après le Baptême. « La mission consiste à prendre soin d’eux et à servir de guide, même après qu’ils ont reçu les Sacrements », a-t-il affirmé.

« Il faut accueillir avec joie celui qui se présente, partir de son expérience spirituelle, respecter son histoire, y compris à travers les formules connues au cours de son parcours personnel ou communautaire », a souligné le Souverain Pontife, indiquant ainsi une méthode pastorale fondée sur l’écoute et le respect des expériences individuelles.

L’un des risques majeurs est en effet celui qui apparaît après le moment sacramentel, lorsque l’enthousiasme initial peut laisser place à la solitude. « N’oublions pas, cependant, que chez beaucoup de ces personnes surgit ensuite la question que nous avons entendue : comment éviter le vide post-baptismal ? », a observé Léon XIV.

D’où l’appel à ne pas considérer le parcours comme achevé avec la célébration des sacrements. « Il faut donc accompagner et intégrer pleinement ces personnes dans nos communautés et dans nos assemblées de prière après le Baptême », a déclaré le Pape, soulignant la nécessité de « leur offrir un espace familial et une formation aussi intégrale que possible ».

Une formation, a-t-il précisé, « capable d’embrasser les différents aspects de la vie chrétienne et de favoriser l’unification entre leur foi et leur vie ».

Dans le jardin de l’Institut catholique de Paris, à l’issue de la rencontre, Léon XIV a également prié devant la plaque qui rappelle le massacre des Carmes, survenu le 2 septembre 1792 pendant la Révolution française (sur la photo). Un geste qui a inscrit la rencontre avec les nouveaux chrétiens dans la mémoire douloureuse de l’histoire religieuse française.

La journée parisienne du Pape a ainsi entrelacé deux dimensions : la mémoire d’une Église qui a traversé persécutions et conflits, et la réalité d’une nouvelle génération d’adultes qui recommence à s’interroger sur la foi. Pour Léon XIV, le défi ne consiste pas seulement à célébrer le nombre croissant de catéchumènes, mais à construire des communautés capables d’accompagner leurs interrogations, leurs fragilités et leur désir d’un nouveau chemin spirituel.

 

 

Letizia Lucarelli