Le pape Léon XIV a été accueilli sur l’esplanade de Tor Vergata avec un enthousiasme débordant par un million de jeunes venus du monde entier (chiffre confirmé par la Salle de presse du Saint-Siège et les autorités italiennes, qui ont souligné qu’aucun autre événement n’avait rassemblé autant de monde depuis vingt-cinq ans). Après son arrivée en hélicoptère, il a longuement parcouru la foule à bord de la jeep blanche. Puis, descendu du véhicule, il a parcouru à pied le dernier tronçon de l’esplanade en portant la croix du Jubilé, entouré de deux cents jeunes de toutes les régions du monde. Visiblement ému, le nouveau Pontife leur a lancé un slogan qu’ils ne pourront oublier : « L’amitié est le chemin de la paix, et c’est ainsi qu’elle peut changer le monde. »
L’hélicoptère transportant le Pontife a atterri vers 19h30. Léon a été accueilli par le maire de Rome, Roberto Gualtieri, et par le ministre des Sports et de la Jeunesse, Andrea Abodi. Une immense ovation s’est alors levée de la foule à Tor Vergata.
Vers 20h30 a débuté la veillée de prière. « Chers jeunes, après avoir marché, prié et partagé ces jours de grâce du Jubilé qui vous est consacré, nous nous retrouvons maintenant, à la lumière du soir qui tombe, pour veiller ensemble », a déclaré le Pape. « Dans la certitude que le Christ est toujours à nos côtés et marche avec nous, invoquons maintenant l’Esprit Saint, afin que, comme les disciples d’Emmaüs, nos cœurs soient réchauffés par sa présence et par sa Parole. »
Répondant à la question d’une jeune Mexicaine sur l’amitié, le pape Léon XIV a souligné (en espagnol) que « la culture joue un rôle fondamental : elle est le code avec lequel nous interprétons le monde et nous-mêmes. Comme un vocabulaire, chaque culture contient à la fois des paroles nobles et des paroles vulgaires, des valeurs et des erreurs, qu’il faut apprendre à discerner. En cherchant la vérité avec passion — a-t-il précisé —, nous ne faisons pas que recevoir une culture, nous la transformons à travers nos choix de vie. La vérité est un lien qui unit les mots aux choses, les noms aux visages. Le mensonge, au contraire, dissocie ces éléments, générant confusion et malentendu. »
Le Pape a alors cité les paroles de François rappelant que les médias sont devenus « une opportunité extraordinaire de dialogue, de rencontre et d’échange entre les personnes, ainsi que d’accès à l’information et à la connaissance ». « Mais ces outils deviennent ambigus — a précisé Léon — lorsqu’ils sont dominés par des logiques commerciales et des intérêts qui morcellent nos relations en mille intermittences. »
« À ce sujet, le pape François rappelait que parfois, les mécanismes de communication, de publicité et de réseaux sociaux peuvent être utilisés pour nous transformer en sujets endormis, dépendants de la consommation », a poursuivi Léon XIV. « Nos relations deviennent alors confuses, suspendues ou instables. Quand l’instrument domine l’homme, l’homme devient un instrument : un instrument de marché, une marchandise à son tour. Seules des relations sincères et des liens stables permettent de faire grandir des histoires de vie bonne. » Sur le thème de l’amitié, Léon a cité saint Augustin et le bienheureux Pier Giorgio Frassati.
« Le choix est un acte humain fondamental. En l’observant attentivement, nous comprenons qu’il ne s’agit pas seulement de choisir quelque chose, mais quelqu’un. Lorsque nous choisissons vraiment, nous décidons qui nous voulons devenir », a répondu le Pape à une jeune Italienne qui l’interrogeait sur le « courage de choisir ».
« Le choix par excellence est en effet celui de notre vie : quel homme veux-tu être ? Quelle femme veux-tu être ? », a souligné le Pontife. « Chers jeunes, on apprend à choisir à travers les épreuves de la vie, et d’abord en se souvenant que nous avons été choisis. Cette mémoire doit être explorée et éduquée. Nous avons reçu la vie gratuitement, sans la choisir ! », a ajouté Léon. « À l’origine de notre existence, il n’y a pas eu une décision de notre part, mais un amour qui nous a voulus. Au cours de l’existence, se montre vraiment ami celui qui nous aide à reconnaître et à renouveler cette grâce dans les choix que nous sommes appelés à faire. »
« Le courage de choisir vient de l’amour que Dieu nous manifeste en Christ. C’est Lui qui nous a aimés de tout son être, sauvant le monde et nous montrant ainsi que le don de la vie est le chemin pour réaliser notre personne », a poursuivi le Pape.
« Voilà les choix radicaux et pleins de sens : le mariage, l’ordre sacré, la vie consacrée expriment ce don de soi, libre et libérateur, qui nous rend vraiment heureux. Ces choix donnent un sens à notre vie, la transformant à l’image de l’Amour parfait, qui l’a créée et rachetée de tout mal. »
Sante Cavalleri




