« Prions pour que les efforts visant à mettre fin aux guerres et à promouvoir la paix portent leurs fruits, afin que dans les négociations le bien commun des peuples soit toujours placé en premier lieu ». Ce sont les paroles de Léon XIV qui a ainsi encouragé à poursuivre le dialogue entamé à Anchorage, en Alaska, entre Trump et Poutine, et qui verra demain Zelensky à Washington, même si les dirigeants européens semblent plutôt vouloir freiner la tentative en cours, qui ne les voit pas protagonistes. Des paroles prononcées lors de l’Angélus à Castel Gandolfo, quand il a également exprimé sa proximité « aux populations du Pakistan, de l’Inde et du Népal touchées par de violentes inondations ». « Je prie – a-t-il dit – pour les victimes et leurs familles et pour tous ceux qui souffrent à cause de cette calamité ».
Dans la brève catéchèse qui a précédé la prière mariale d’aujourd’hui, le pape Prévost a commenté l’épisode de l’Évangile où « Jésus, avec des images fortes et une grande franchise, dit aux disciples que sa mission, et aussi celle de ceux qui le suivent, n’est pas toute ‘rose et fleurs’, mais est ‘signe de contradiction’ ». « En disant cela, le Seigneur – a-t-il expliqué – anticipe ce qu’il devra affronter lorsqu’à Jérusalem il sera rejeté, arrêté, insulté, frappé, crucifié ; quand son message, bien qu’il parle d’amour et de justice, sera refusé ; quand les chefs du peuple réagiront avec férocité à sa prédication. D’ailleurs, beaucoup des communautés auxquelles l’évangéliste Luc s’adressait avec ses écrits vivaient la même expérience. C’étaient, comme nous le disent les Actes des Apôtres, des communautés pacifiques qui, malgré leurs limites, cherchaient à vivre au mieux le message de charité du Maître. Et pourtant elles subissaient des persécutions ».
En effet, « le bien ne trouve pas toujours autour de lui une réponse positive. Au contraire, parfois, justement parce que sa beauté dérange ceux qui ne l’accueillent pas, celui qui l’accomplit finit par rencontrer de fortes oppositions, jusqu’à subir abus et violences. Agir dans la vérité coûte, parce que dans le monde certains choisissent le mensonge, et parce que le diable, en profitant, cherche souvent à entraver l’action des bons ». L’Évangile « nous rappelle tout cela », a-t-il observé, pour nous inviter « à ne pas céder et à ne pas nous conformer à cette mentalité, mais à continuer à agir pour le bien, le nôtre et celui de tous, même de ceux qui nous font souffrir. Il nous invite à ne pas répondre à la violence par la vengeance, mais à rester fidèles à la vérité dans la charité. Les martyrs en témoignent en versant leur sang pour la foi, mais nous aussi, dans des circonstances et avec des modalités différentes, pouvons les imiter ».
« Pensons, par exemple – a continué le pape – au prix qu’un bon parent doit payer s’il veut bien éduquer ses enfants, selon des principes sains : tôt ou tard, il devra savoir dire quelques ‘non’, faire quelques corrections, et cela lui coûtera de la souffrance. Il en va de même pour un enseignant qui souhaite former correctement ses élèves, pour un professionnel, un religieux, un homme politique, qui se proposent d’accomplir honnêtement leur mission, et pour quiconque s’efforce d’exercer avec cohérence, selon les enseignements de l’Évangile, ses responsabilités ».
À ce propos, Léon a cité saint Ignace d’Antioche qui, « alors qu’il se rendait à Rome où il allait subir le martyre, écrivait aux chrétiens de cette ville : ‘Je ne veux pas que vous plaisiez aux hommes, mais à Dieu’, et il ajoutait : ‘Il est beau pour moi de mourir en Jésus-Christ plutôt que de régner jusqu’aux confins de la terre’ ».
« Demandons ensemble à Marie, Reine des Martyrs, de nous aider à être, en toutes circonstances – a conclu le pape – des témoins fidèles et courageux de son Fils, et de soutenir les frères et sœurs qui souffrent aujourd’hui pour la foi ».
S.C.




