Après des mois de rumeurs, une confirmation qui revêt une forte valeur pastorale et symbolique est arrivée : le pape Léon XIV se rendra au Pérou à partir du mercredi 11 novembre, dans le cadre de son premier voyage apostolique en Amérique latine, un itinéraire qui comprendra également l’Uruguay et l’Argentine. La nouvelle, anticipée par les médias péruviens et confirmée par des sources vaticanes, constitue l’une des étapes les plus attendues du pontificat de Robert Francis Prevost, le pape américain ayant également la citoyenneté péruvienne, qui a vécu pendant plus de vingt ans comme missionnaire augustin dans le pays andin.
“Répondant à l’invitation des Chefs d’État et des Autorités ecclésiastiques des différents pays concernés – a déclaré le porte-parole du Vatican Matteo Bruni – le Saint-Père Léon XIV effectuera un Voyage apostolique en Uruguay, en Argentine et au Pérou du 6 au 17 novembre 2026. Sa Sainteté se rendra à Montevideo, Paysandú et Florida du 6 au 8 novembre ; à Buenos Aires, Córdoba et Luján du 8 au 11 novembre ; et à Lima, Chiclayo, Cusco et Pucallpa du 11 au 17 novembre.
Le programme du Voyage sera communiqué ultérieurement”.
Ce voyage représente bien davantage qu’une simple visite pastorale. Il constitue un retour aux racines latino-américaines du Souverain Pontife, qui a mûri précisément au Pérou une grande partie de son expérience sacerdotale et épiscopale, tout en manifestant une attention particulière envers deux nations – l’Argentine et l’Uruguay – que le pape François n’a jamais pu visiter durant son pontificat, malgré son profond attachement à sa terre natale.
Un itinéraire à forte signification ecclésiale
Selon les informations apparues ces dernières semaines, le voyage devrait commencer en Uruguay, se poursuivre en Argentine et s’achever au Pérou, où Léon XIV arrivera le 11 novembre. Même si le programme définitif n’a pas encore été publié par le Saint-Siège, les confirmations provenant des Conférences épiscopales et des autorités locales dessinent désormais clairement le parcours du Pape.
Il s’agira du premier voyage latino-américain de son pontificat et probablement du plus personnel, car aucune autre région du monde n’a marqué aussi profondément la formation humaine et spirituelle de Robert Prevost.
Le retour sur la terre de la mission
Parmi les trois étapes, celle du Pérou revêt un caractère tout particulier.
Avant son élection au siège de Pierre, Prevost a été missionnaire, formateur, évêque de Chiclayo et une figure de référence de l’Église locale. Son ministère s’est déroulé entre les côtes du Pacifique, les Andes et l’Amazonie, au contact direct des communautés les plus pauvres, des peuples autochtones et des périphéries urbaines.
Cette longue expérience pastorale a contribué à façonner ce style sobre, proche des populations et attentif aux questions sociales qui caractérise aujourd’hui son pontificat.
Les autorités péruviennes préparent un accueil exceptionnel. Outre Lima, le Pape devrait visiter certaines des diocèses où il a exercé son ministère, même si le calendrier officiel ne sera rendu public que dans les prochaines semaines.
L’Argentine attend enfin un Pape
L’autre étape au fort impact émotionnel sera l’Argentine. Pendant plus de douze ans, le pays a vécu le paradoxe d’avoir un Pape argentin qui, après son élection en 2013, n’est jamais retourné dans sa patrie. Une décision que François avait expliquée à plusieurs reprises par sa volonté d’éviter toute instrumentalisation politique dans un contexte national profondément polarisé.
Avec Léon XIV s’ouvre une nouvelle page. L’invitation officielle des autorités argentines a été accueillie favorablement par le Saint-Siège et la visite représentera également un hommage idéal à l’héritage du pape François, dont Prevost fut l’un des collaborateurs les plus proches ces dernières années, en tant que préfet du Dicastère pour les Évêques.
Pour l’Église argentine, ce sera un moment d’une intensité particulière, notamment parce que le voyage coïncidera avec le cinquantième anniversaire du martyre du bienheureux Enrique Angelelli et avec une période de réflexion renouvelée sur le rôle de l’Église durant les années de la dictature militaire.
L’Uruguay, un défi pastoral
La première étape devrait être l’Uruguay, l’un des pays les plus sécularisés d’Amérique latine. L’Église uruguayenne considère cette visite comme une occasion de relancer l’évangélisation dans une société profondément transformée au cours des dernières décennies.
Le cardinal Daniel Sturla a exprimé à plusieurs reprises sa satisfaction pour ce qui sera la première visite de Léon XIV dans le pays et l’une des rares visites pontificales dans l’histoire récente de l’Uruguay.
Dans la continuité de François, avec un style personnel
Le voyage confirme également une ligne claire du nouveau pontificat. Si François avait privilégié les “périphéries du monde”, Léon XIV semble vouloir poursuivre cette voie, tout en choisissant des lieux qui appartiennent aussi à son histoire personnelle.
L’Amérique latine ne représente pas seulement une priorité pastorale, mais constitue le contexte dans lequel le Pontife a appris à connaître les grandes questions qui traversent aujourd’hui l’Église universelle : la pauvreté, les migrations, la protection des peuples autochtones, la sauvegarde de la création, le dialogue social et la lutte contre les inégalités.
Ce n’est pas un hasard si le premier grand voyage sur le continent concerne trois pays profondément différents : l’Uruguay, laboratoire de la sécularisation ; l’Argentine, marquée par des crises économiques et sociales récurrentes mais riche d’une forte tradition catholique ; et le Pérou, terre de mission et d’une extraordinaire vitalité ecclésiale.
Un pont entre le Nord et le Sud du continent
L’itinéraire de novembre revêt enfin une signification géopolitique et ecclésiale. Robert Francis Prevost est le premier Pape né aux États-Unis, mais son identité pastorale s’est formée en Amérique latine. Le voyage en Uruguay, Argentine et Pérou devient ainsi le symbole d’un pontificat capable de relier le Nord et le Sud du continent américain, en valorisant une expérience missionnaire qui continue d’inspirer son magistère.
Pour des millions de fidèles latino-américains, il ne s’agira pas seulement de la visite de l’Évêque de Rome, mais du retour d’un pasteur qui connaît de près leurs espérances, leurs difficultés et leur foi, mûrie pendant des années dans les paroisses, les périphéries et les communautés qui l’attendent aujourd’hui comme Successeur de Pierre.
Letizia Lucarelli

