« Je renouvelle mon appel pour que cessent les violences répétées contre la population civile palestinienne en Cisjordanie, et je demande avec urgence à la communauté internationale de faire en sorte que progresse la solution à deux États pour une paix juste et durable. » Tel est l’appel lancé par le pape Léon XIV à l’issue de l’Angélus récité aujourd’hui place de la Liberté, à Castel Gandolfo. Un appel qui conduit directement au cœur de la réflexion du Pontife sur l’Évangile de la femme cananéenne et sur la nécessité d’abattre les barrières qui divisent les êtres humains. À l’issue de la prière, Léon XIV a également souhaité que les Jeux méditerranéens, prévus cette semaine à Tarente, soient « une prophétie de paix et de fraternité entre les peuples de cette région et du monde entier ».
Dans sa catéchèse précédente, le Pontife est parti de la figure de la femme cananéenne racontée dans l’Évangile de Matthieu : une étrangère qui s’adresse avec insistance à Jésus pour demander la guérison de sa fille. Bien qu’elle n’appartienne pas au peuple d’Israël, la femme manifeste une foi profonde et reconnaît en Jésus le Messie descendant de David.
« La table de Dieu est préparée pour tous ». L’Église au-delà des frontières des inégalités
« La table de Dieu est préparée pour tous et les miettes ne sont réservées à personne » : tel a été le message central de la réflexion du pape Léon XIV avant la prière de l’Angélus, récitée aujourd’hui place de la Liberté, à Castel Gandolfo, devant les fidèles et les pèlerins réunis pour le rendez-vous dominical. Un message qui, à partir de l’Évangile de la femme cananéenne, devient une invitation adressée à l’Église à aller au-delà des frontières déjà tracées, à écouter celui qui est différent et à reconnaître la dignité de chaque personne.
Le Pontife est parti de la figure de la femme cananéenne racontée dans l’Évangile de Matthieu : une étrangère qui s’adresse avec insistance à Jésus pour demander la guérison de sa fille. Bien qu’elle n’appartienne pas au peuple d’Israël, la femme manifeste une foi profonde et reconnaît en Jésus le Messie descendant de David.
Léon XIV a surtout souligné un aspect : la Cananéenne ne demande rien pour elle-même. Sa demande naît de la souffrance de sa fille tourmentée et de la confiance qu’elle place en Jésus. C’est une foi qui, observe le Pape, semble avoir mystérieusement surgi avant même la rencontre avec le Christ et qui se manifeste à travers une détermination capable de surmonter tous les obstacles.
Le récit évangélique, a rappelé Léon XIV, ne cache pas les difficultés auxquelles la femme doit faire face. Les disciples la considèrent comme une présence gênante et Jésus lui-même résiste d’abord à ses demandes. Le Maître s’était retiré dans cette région pour prier et former les siens, mais c’est précisément cette rencontre imprévue qui ouvre une nouvelle perspective.
Jésus, a expliqué le Pape, accomplit sa mission également en se laissant « toucher par ce qu’il voit et entend ». À la fin, il reconnaît la grandeur de la foi de la femme : « Femme, grande est ta foi ! Qu’il t’advienne selon ton désir. »
C’est ici, selon Léon XIV, qu’émerge une leçon décisive pour l’Église contemporaine. Dieu peut parler à travers des rencontres que nous n’avions pas prévues, à travers des personnes que nous considérons comme éloignées et à travers des situations capables de remettre en question nos certitudes. Même ce qui semble perturber nos programmes peut devenir une occasion de reconnaître l’œuvre de Dieu.
« Aujourd’hui encore, l’Église peut se laisser surprendre par l’œuvre de Dieu et communiquer la paix du Christ au-delà des frontières déjà tracées », a affirmé le Pontife. La mission de l’Église, a-t-il ajouté, est précédée par la grâce divine, qui agit dans le secret des consciences et se manifeste également là où nous ne nous attendrions pas à la trouver.
D’où l’invitation à écouter et à ne pas se fermer : « il faut tendre l’oreille, ouvrir les yeux et ouvrir le cœur à ce que Dieu veut nous dire ». La femme cananéenne devient ainsi un exemple d’« humilité et de détermination », mais aussi une figure capable de remettre en question toute barrière religieuse, culturelle et sociale qui risquerait de se transformer en exclusion.
Et si « la table de Dieu est préparée pour tous et les miettes ne sont réservées à personne », a poursuivi le Pape, deviennent alors « insupportables les inégalités, les discriminations, les barrières qui piétinent la dignité de tant de fils et de filles de Dieu ». La spiritualité évangélique se traduit ainsi par une responsabilité concrète envers un monde marqué par les divisions, les exclusions, les conflits et de profondes inégalités.
« L’Église de Jésus-Christ dans un monde tourmenté, qui cherche la paix »
La référence à la table, aux miettes et à la place réservée à chacun acquiert une force particulière à une époque où des millions de personnes vivent les guerres, la pauvreté, la faim et les migrations forcées. L’Évangile de la femme étrangère devient alors également une invitation à ne pas construire des communautés fondées sur l’exclusion, mais des sociétés capables de reconnaître dans l’autre une personne porteuse de la même dignité.
« Chers frères et sœurs : nous sommes l’Église de Jésus-Christ dans un monde tourmenté, qui cherche la paix », a déclaré Léon XIV, indiquant dans la paix non pas une simple aspiration, mais une responsabilité de la communauté chrétienne. Une Église capable d’écouter, de franchir les frontières et de se laisser interpeller par les souffrances du monde peut devenir un espace concret de rencontre et de réconciliation.
Le Pape a ensuite confié à Marie la prière de la communauté chrétienne, en évoquant le Magnificat, défini dans son encyclique « Magnifica humanitas » comme « l’hymne le plus fort et le plus novateur qui ait jamais été prononcé ». C’est le chant de celui qui, a-t-il expliqué, « voit désormais la réalité avec le regard de Dieu » et qui, précisément pour cette raison, « ne perd pas l’espérance et agit dans la charité ».
La réflexion de Castel Gandolfo se conclut ainsi par un message qui unit foi, justice et paix : personne ne peut être relégué aux miettes de l’histoire, personne ne peut être considéré comme étranger à la dignité et à la miséricorde. L’Église, dans le monde tourmenté évoqué par Léon XIV, est appelée à reconnaître chaque personne comme faisant partie de la même table et à transformer cette conviction en gestes concrets d’accueil, de solidarité et de construction de la paix.
Le récit évangélique, a rappelé Léon XIV, ne cache pas les difficultés auxquelles la femme doit faire face. Les disciples la considèrent comme une présence gênante et Jésus lui-même résiste d’abord à ses demandes. Le Maître s’était retiré dans cette région pour prier et former les siens, mais c’est précisément cette rencontre imprévue qui ouvre une nouvelle perspective.
Jésus, a expliqué le Pape, accomplit sa mission également en se laissant « toucher par ce qu’il voit et entend ». À la fin, il reconnaît la grandeur de la foi de la femme : « Femme, grande est ta foi ! Qu’il t’advienne selon ton désir. »
C’est ici, selon Léon XIV, qu’émerge une leçon décisive pour l’Église contemporaine. Dieu peut parler à travers des rencontres que nous n’avions pas prévues, à travers des personnes que nous considérons comme éloignées et à travers des situations capables de remettre en question nos certitudes. Même ce qui semble perturber nos programmes peut devenir une occasion de reconnaître l’œuvre de Dieu.
« Aujourd’hui encore, l’Église peut se laisser surprendre par l’œuvre de Dieu et communiquer la paix du Christ au-delà des frontières déjà tracées », a affirmé le Pontife. La mission de l’Église, a-t-il ajouté, est précédée par la grâce divine, qui agit dans le secret des consciences et se manifeste également là où nous ne nous attendrions pas à la trouver.
D’où l’invitation à écouter et à ne pas se fermer : « il faut tendre l’oreille, ouvrir les yeux et ouvrir le cœur à ce que Dieu veut nous dire ». La femme cananéenne devient ainsi un exemple d’« humilité et de détermination », mais aussi une figure capable de remettre en question toute barrière religieuse, culturelle et sociale qui risquerait de se transformer en exclusion.
« À personne ne sont réservées les miettes de l’histoire »
Le message prend donc une dimension sociale précise. « La table de Dieu est préparée pour tous et les miettes ne sont réservées à personne », a réaffirmé Léon XIV, parce que « chacun, auprès du Père, a sa propre place ».
À la lumière de cette foi, a poursuivi le Pape, deviennent « insupportables les inégalités, les discriminations, les barrières qui piétinent la dignité de tant de fils et de filles de Dieu ». La spiritualité évangélique se traduit ainsi par une responsabilité concrète envers un monde marqué par les divisions, les exclusions, les conflits et de profondes inégalités.
La référence à la table, aux miettes et à la place réservée à chacun acquiert une force particulière précisément au moment où le Pontife rappelle la souffrance de la population palestinienne. L’appel à mettre fin aux violences en Cisjordanie et à relancer la solution à deux États s’inscrit en effet dans la même logique d’un Évangile qui refuse les barrières et reconnaît la dignité de chaque personne. « Chers frères et sœurs : nous sommes l’Église de Jésus-Christ dans un monde tourmenté, qui cherche la paix », a déclaré Léon XIV, indiquant dans la paix non pas une simple aspiration, mais une responsabilité de la communauté chrétienne. Une Église capable d’écouter, de franchir les frontières et de se laisser interpeller par les souffrances du monde peut devenir un espace concret de rencontre et de réconciliation. En Terre Sainte, il faut agir de toute urgence afin que la solution à deux États puisse progresser, en la définissant comme la voie vers une « paix juste et durable ». Des paroles qui interviennent alors que la Cisjordanie continue d’être le théâtre de violences contre la population civile palestinienne et qui confirment l’attention de Léon XIV à la nécessité d’une perspective politique capable de dépasser la spirale du conflit.
Personne, a conclu le Pape, ne peut être relégué aux miettes de l’histoire. Et aucune barrière ne peut devenir si haute qu’elle empêche de reconnaître dans l’autre un frère. Dans une Méditerranée marquée par les guerres, le souhait que les Jeux de Tarente soient une « prophétie de paix » devient ainsi le symbole d’un défi plus vaste : transformer les espaces de conflit en lieux de rencontre et faire de la paix non seulement une prière, mais aussi un engagement politique, social et humain.
S.I.



