«Aujourd’hui plus que jamais, il est indispensable de préserver l’esprit d’Helsinki et de persévérer dans le dialogue, de renforcer la coopération et de faire de la diplomatie la voie privilégiée pour prévenir et résoudre les conflits ». C’est ce qu’a affirmé le Pape Léon place Saint-Pierre, à la fin de l’Audience générale, en rappelant que le 1er août marque le cinquantième anniversaire de la signature de l’Acte final d’Helsinki. «Animés par le désir d’assurer la sécurité dans le contexte de la guerre froide, 35 pays ont inauguré une nouvelle ère géopolitique, favorisant le rapprochement entre l’Est et l’Ouest. Cet événement a également marqué un regain d’intérêt pour les droits humains, avec une attention particulière à la liberté religieuse, considérée comme l’un des fondements de cette architecture naissante de coopération, de Vancouver à Vladivostok», a-t-il déclaré.
« La participation active du Saint-Siège à la conférence d’Helsinki, représenté par l’archevêque Agostino Casaroli, a contribué à promouvoir des engagements politiques et moraux en faveur de la paix », a souligné le Pontife. Ce sont des paroles très significatives qui laissent entrevoir la volonté du nouveau Pape de miser pleinement sur la diplomatie, en s’y engageant personnellement comme il l’a déjà fait par des audiences et des appels téléphoniques aux dirigeants durant ces premiers mois de son pontificat, mais surtout en relançant le travail patient de la diplomatie vaticane, qui s’exerce à travers la Secrétairerie d’État et les nonciatures apostoliques dans les différents pays ainsi qu’auprès des organisations supranationales telles que l’ONU, l’UE, la Ligue arabe, la FAO et bien d’autres.
À la fin de l’audience, consacrée à l’épisode évangélique de la guérison du sourd-muet, le Pape Léon a renouvelé sa douleur « pour l’attaque terroriste brutale survenue à Komanda, dans l’est de la République démocratique du Congo, où plus de 50 chrétiens ont été tués dans une église pendant une veillée de prière et chez eux » : « Tandis que je confie les victimes à la miséricorde aimante de Dieu, je prie pour les blessés et pour les chrétiens qui, dans le monde, continuent de subir violences et persécutions, exhortant ceux qui ont des responsabilités aux niveaux local et international à collaborer pour prévenir de telles tragédies », a-t-il dit.
Puis, le salut adressé aux jeunes rassemblés à Rome par centaines de milliers pour leur Jubilé. Léon était arrivé place Saint-Pierre avec environ une demi-heure d’avance sur l’horaire prévu pour l’audience du mercredi, afin de pouvoir faire un large tour des différents secteurs de la place, aujourd’hui encore bondée de « peuple jeune », après l’embrassade surprise d’hier soir lorsqu’il avait salué, en parlant librement, 120 000 jeunes répartis aussi dans les zones périphériques de Saint-Pierre. « J’accueille avec joie les jeunes Italiens venus à Rome pour participer aux événements jubilaires qui leur sont dédiés. Chers jeunes, je vous invite à prier pour que ces journées de foi, de réflexion et d’amitié portent des fruits de bien », a déclaré le Pontife hispano-américain aux jeunes Italiens, à la veille du grand rassemblement prévu demain soir, toujours place Saint-Pierre.
Aux jeunes Polonais, Léon XIV a souhaité que « cette rencontre avec Jésus dans une communion fraternelle renforce votre foi et votre espérance, remplisse vos cœurs de paix et vous unisse dans son amour ». « Accueillez ces dons du Christ et partagez-les avec vos contemporains et vos compatriotes dans votre patrie », a invité le Pape. « Profitez de cette expérience pour amener vos amis à Jésus, afin qu’ils puissent le rencontrer, écouter sa parole et l’aimer », a-t-il suggéré aux jeunes Portugais.
« Même cette époque que nous vivons a besoin de guérison », a déclaré le Pape Prevost dans sa catéchèse. « Notre monde est traversé par un climat de violence et de haine qui avilit la dignité humaine », a dit le Pape Léon : « Nous vivons dans une société malade d’une boulimie de connexions sur les réseaux sociaux : nous sommes hyperconnectés, bombardés d’images, parfois même fausses ou déformées. Nous sommes submergés de messages multiples qui provoquent en nous une tempête d’émotions contradictoires. Dans ce contexte, il se peut que naisse en nous le désir de tout éteindre. Nous pouvons en venir à préférer ne plus rien ressentir. Même nos mots risquent d’être mal compris et nous pouvons être tentés de nous replier dans le silence, dans une incompréhension où, malgré la proximité, nous ne parvenons plus à nous dire les choses les plus simples et profondes ».
Mais «se refermer n’est jamais une solution », a-t-il martelé. Puis il a expliqué : après sa rencontre avec Jésus, le sourd-muet « non seulement recommence à parler, mais il le fait correctement». «Peut-être cet homme avait-il cessé de parler parce qu’il pensait mal s’exprimer, peut-être ne se sentait-il pas à la hauteur», a expliqué Léon XIV, selon qui « nous faisons tous l’expérience d’être incompris et de ne pas nous sentir entendus. Nous avons tous besoin de demander au Seigneur de guérir notre manière de communiquer, non seulement pour être plus efficaces, mais aussi pour éviter de blesser les autres par nos paroles ».
« Recommencer à parler correctement – alors – est le début d’un chemin, ce n’est pas encore le point d’arrivée ». En effet, « pour connaître véritablement Jésus, il faut suivre un chemin, il faut rester avec Lui et traverser aussi sa Passion. Quand nous l’aurons vu humilié et souffrant, quand nous aurons expérimenté la puissance salvifique de sa Croix, alors nous pourrons dire que nous l’avons vraiment connu ». « Il n’y a pas de raccourcis pour devenir disciples de Jésus », a expliqué le Pape Prevost: « Demandons au Seigneur d’apprendre à communiquer avec honnêteté et prudence ». « Prions pour tous ceux qui ont été blessés par les paroles des autres » et « pour l’Église, afin qu’elle ne manque jamais à sa mission de conduire les gens à Jésus, pour qu’ils puissent écouter sa Parole, en être guéris et devenir à leur tour porteurs de son message de salut ».
Sante Cavalleri




