Le promoteur de justice Diddi écarté du procès Becciu. Décision courageuse de la Cassation Vaticane qui a rejeté son appel (S. Cavalleri)

La décision rendue par la Cour de Cassation de l’État de la Cité du Vatican le 9 janvier 2026 marque une étape d’une importance particulière, non seulement pour le procès sur la gestion des fonds de la Secrétairerie d’État, mais pour l’ensemble du système judiciaire vatican. Elle marque surtout un point décisif en faveur du cardinal Giovanni Angelo Becciu qui pourra désormais voir plus facilement reconnue son innocence et sa bonne foi, par ailleurs tout à fait évidentes, sans la présence oppressante dans la salle d’audience de son persécuteur.

Réunie « au nom de Sa Sainteté le Pape Léon XIV » et après avoir invoqué le nom de Dieu pour éclairer ses décisions, la Cour Suprême — présidée par le cardinal Kevin Farrell et composée des cardinaux Matteo Zuppi et Ángel Fernández Artime, assistés des juges adjointes Chiara Minelli et Patrizia Piccialli — a déclaré irrecevable le recours du Promoteur de Justice. Elle a ainsi entériné le caractère définitif de la sentence du Tribunal vatican du 16 décembre 2023 dans la partie où elle ne reconnaît pas la responsabilité pénale des prévenus, personnes physiques et morales.

Il s’agit d’une décision d’un grand poids juridique et symbolique. La Cour a en effet réaffirmé avec clarté que l’action pénale, bien que nécessaire et obligatoire, ne peut jamais l’emporter sur les règles du procès, ni forcer les limites fixées par l’ordre juridique et les garanties fondamentales. La référence à l’article 520 du Code de procédure pénale et l’exclusion de toute « anormalité » dans la décision de la Cour d’Appel témoignent d’une Cassation attentive au droit et non aux pressions.

La gestion de la question de la récusation du Promoteur de Justice Alessandro Diddi est également particulièrement significative. La Cour a pris acte de l’abstention volontaire du magistrat, considérant la question close sans forçage ni raccourcis procéduraux. Un choix qui dénote un équilibre, un respect des formes et un sens des institutions.

Dans un contexte médiatique souvent enclin à lire les procès vaticans sous un angle politique ou symbolique, la Cassation a au contraire choisi la voie la plus difficile : celle de l’autonomie et de la rigueur juridique. Déclarer irrecevable le recours de l’accusation et rendre définitive une décision d’acquittement partiel n’est jamais un acte aisé, surtout dans des procédures aussi exposées à l’attention publique et internationale.

C’est précisément pour cela que ce prononcé doit être lu comme un acte de courage institutionnel. Les juges suprêmes ont démontré que dans l’État de la Cité du Vatican, la justice n’est pas orientée vers le résultat, mais vers le respect des règles ; non vers le consensus, mais vers la légalité ; non vers la force de l’accusation, mais vers l’équilibre entre accusation et défense.

La poursuite du procès en Appel, avec la représentation de l’accusation confiée au promoteur adjoint Roberto Zannotti, confirme par ailleurs que le système continue de fonctionner selon ses règles, sans rupture ni délégitimation.

En définitive, la décision de la Cassation vaticane renforce la crédibilité du système judiciaire de l’État pontifical et représente un signal clair : la justice, même au Vatican, ne craint pas d’être juste, même quand cela exige fermeté, indépendance et courage.

 

Sante Cavalleri