
Travailler avec les représentants des nations « pour promouvoir la dignité humaine, protéger les vulnérables et bâtir des ponts là où la méfiance pourrait autrement prévaloir ». C’est en ces termes que le cardinal secrétaire d’État, Pietro Parolin, a résumé les orientations reçues du nouveau pape hispano-américain Léon XIV, lors d’un discours aux Nations Unies à New York, pendant une réception organisée à l’occasion de l’élection du Pape par l’observateur permanent, Mgr Gabriele Caccia, ancien assesseur de la Secrétairerie d’État sous le pontificat de saint Jean-Paul II (notamment durant les années de refus des guerres en Irak et des avertissements sur les risques d’une vision unilatérale du capitalisme), puis nonce au Liban martyrisé et aux très catholiques Philippines.
Selon le prélat originaire de Vicence, d’abord pressenti pour succéder à François puis grand électeur de Prevost, le début d’un nouveau pontificat représente une opportunité de « renouveau, non seulement pour les catholiques, mais pour tous ceux qui aspirent à un monde plus juste, solidaire et pacifique ». Parolin espère que le Saint-Siège et les représentants des nations pourront avancer « ensemble, inspirés par l’espérance et la vision du pape Léon », qui, déjà « dans ses premiers jours comme successeur de Pierre, a confirmé l’engagement du Saint-Siège à bâtir des ponts, soulignant la nécessité de se rencontrer, dialoguer et négocier ».
Il est important, selon ce journal, que Trump directement et aussi Poutine, par la voix de son porte-parole, aient exprimé leur accord (la Maison Blanche allant jusqu’à se dire enthousiaste : « ce serait formidable », a commenté le tycoon) à l’hypothèse de négociations trilatérales entre la Russie, l’Ukraine et les États-Unis pouvant se tenir au Vatican.
Dans ce contexte, le secrétaire d’État, récemment reconfirmé par Prevost au moins pour une première période, a exprimé au Palais de verre le souhait que la diplomatie vaticane et celle, plurielle, du monde puissent ensemble « répondre à l’appel du Saint-Père et devenir ceux qui sèment la paix durable dans l’histoire, et non ceux qui récoltent les victimes », comme l’a demandé Léon XIV vendredi dernier lors de sa première rencontre avec les 184 diplomates accrédités auprès du Vatican par autant de pays.
Il s’agit, a expliqué Parolin en citant l’important discours de Prevost, de construire une diplomatie de la rencontre dans un monde « marqué par les divisions, les conflits et les problèmes globaux urgents – du changement climatique aux migrations, en passant par l’intelligence artificielle ». Le pape Léon, a affirmé le secrétaire d’État, « nous appelle à adopter une diplomatie de la rencontre ». Cela signifie une diplomatie « qui écoute avec humilité, agit avec compassion et recherche le bien commun par-dessus tout ». De son côté, a assuré le cardinal, « le Saint-Siège réaffirme son soutien indéfectible à la mission des Nations Unies » pour qu’elles soient « un forum où les États s’engagent dans le dialogue, font entendre la voix de leurs peuples et forgent des solutions aux plus grands défis de l’humanité ».
Le Vatican, a précisé le secrétaire d’État, reconnaît également le rôle important des diplomates et des représentants des nations dans le « tissage du tissu de la coopération internationale » et la « promotion de la paix et de la justice, souvent face à de grandes complexités ». Le Saint-Siège, donc, en ligne avec le pape, entend poursuivre sa contribution à cette mission, en offrant « sa voix morale en défense des pauvres et des nécessiteux, et dans la poursuite de la paix et du développement humain intégral ».
Une prise de position et une mission à New York, celles du cardinal Parolin, qui témoignent véritablement de la volonté de relancer l’action diplomatique du Saint-Siège en faveur de la paix, dans la ligne tracée par le Pape François et reconfirmée par son successeur Léon XIV, lequel, dans ses premières interventions, a repris à son compte les paroles d’un impact extraordinaire que Bergoglio, durant son pontificat, a consacrées au thème du désarmement – condition incontournable pour atteindre et consolider la paix là où l’on se bat et tue encore aujourd’hui (surtout de jeunes conscrits, et trop souvent même des enfants). Tout cela laisse espérer que l’héritage de François et de ses prédécesseurs continuera de porter du fruit.
Ce journal en ligne, né pour transmettre la vision du FarodiRoma que nous ont offerte les Italiens d’Argentine, comme ceux du Janicule, se réjouit de telles intentions.
Une continuité également attestée par la présence, aux côtés de François, du régent de la Maison pontificale, le père Leonardo Sapienza, qui a soutenu avec fidélité à l’Évangile et intelligence tous les pontificats extraordinaires des quarante dernières années.
Salvatore Izzo
La photo, fournie par Vatican Media, montre le pape Léon XIV lors de l’audience avec les ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège. Cité du Vatican, 16 mai 2025



