Le pape Léon XIV lance depuis Naples et Pompéi un fort appel aux institutions : « L’action de l’État est plus que jamais nécessaire pour donner sécurité et confiance aux citoyens et retirer de l’espace à la criminalité organisée ». Le jour du premier anniversaire de son élection au trône pontifical, le pape choisit la Campanie pour réaffirmer un message de légalité, de justice sociale et d’espérance.
Selon Léon XIV, Naples ne doit pas rester « une simple carte postale », mais devenir « un chantier ouvert » capable de construire « une paix concrète » et de rendre à la ville « sa vocation de capitale de l’humanité et de l’espérance ».
Le Souverain Pontife dénonce ce qu’il définit comme un « paradoxe dramatique » : « À la croissance remarquable du tourisme peine à correspondre un dynamisme économique capable d’impliquer réellement toute la communauté sociale ». Des paroles prononcées devant une ville qui, malgré le renouveau touristique, continue de vivre avec de profondes inégalités et fragilités économiques.
Le bain de foule entre Naples et Pompéi
Environ 70 000 personnes ont accueilli le pape Léon dans les deux villes campaniennes. À Naples, la place du Plébiscite s’est transformée en une grande fête populaire entre musique, chants et applaudissements. Des classiques de la tradition napolitaine comme “‘O sole mio”, “‘O surdato ’nnammurato” et “‘O sarracino”, jusqu’aux moments plus internationaux avec “Video Killed the Radio Star”, la ville a montré son visage le plus chaleureux et spontané.
Dans la cathédrale, le Pontife a montré aux fidèles l’ampoule contenant le sang de saint Janvier, dont la liquéfaction complète s’est produite ces derniers jours en coïncidence avec la visite papale. Léon XIV a ensuite rencontré Patrizia Mercolino, mère du petit Domenico Caliendo, l’enfant décédé après une greffe du cœur ratée.
« Je suis ici pour me laisser contaminer par cette joie », a confié le pape, parlant de l’énergie d’une ville « baignée par la mer et embrassée par le soleil », mais où persistent « blessures, pauvreté et peurs ».
Les blessures sociales et le Pacte éducatif
Dans son discours, le Pontife a décrit « une véritable géographie des inégalités et de la pauvreté », indiquant parmi les urgences les plus graves les disparités de revenus, le manque d’emploi, l’insuffisance des services et l’action envahissante de la criminalité organisée.
« Le drame du chômage et du décrochage scolaire continue d’alourdir la vie de nombreuses personnes », a souligné Léon XIV, invitant à ne pas laisser seuls ceux qui « cultivent le désir d’une ville libérée du mal et guérie de ses blessures ».
Le pape a rappelé le Pacte éducatif promu en 2022 et relancé en 2025 par les institutions, les diocèses, les écoles et le tiers secteur afin de lutter contre la pauvreté éducative. « Rassemblez vos forces, travaillez ensemble, avancez unis », a-t-il exhorté, demandant un engagement commun pour « préserver les enfants des pièges du malaise et du mal ».
Léon XIV a surtout insisté sur le rôle des jeunes : « Ils ne sont pas seulement destinataires, mais protagonistes du changement ». Une invitation adressée à toute la ville afin que « l’énergie débordante du bien » de Naples puisse se transformer en moteur de renaissance sociale.
La prière à Marie et le rêve d’une ville différente
À Pompéi, le Pontife a participé à la traditionnelle Supplication à la Vierge, invoquant la paix « pour les nations égarées », pour l’Europe et pour le monde entier.
Dans la prière de consécration de Naples à Marie, écrite par le cardinal Mimmo Battaglia, ont été rappelés les quartiers « où le café a le goût de la fraternité et où le pain se partage encore », mais aussi les périphéries « où l’obscurité semble dévorer l’avenir ».
Le pape a confié à Marie les jeunes qui continuent de rêver, les personnes âgées « mémoire vivante des quartiers populaires » et les enfants qui « jouent parmi les fissures des immeubles », demandant que leurs yeux « ne cessent jamais de chercher la mer ».
Eliana Ruggiero pour AGI



