Syrie. Alep entre déchets et pannes générales : la lente agonie des services dans une ville encore meurtrie par la guerre (I. Smirnova)

Des tas d’ordures dans les rues, une eau rationnée, une électricité intermittente, une circulation chaotique et des infrastructures largement dégradées. À Alep, l’une des villes symboles de la guerre syrienne, le quotidien reste marqué par une urgence permanente.

« Les déchets ne sont pas ramassés partout dans les rues d’Alep » : depuis l’ancienne ville syrienne, on décrit des quartiers où les services publics semblent incapables de revenir à la normale. Selon les autorités locales et des observateurs sur place, le problème serait dû au manque de moyens, à l’insuffisance des financements et à un réseau d’infrastructures dévasté par plus d’une décennie de conflit.

Ces derniers mois, la crise des services essentiels s’est encore aggravée. La ville a connu de nouvelles interruptions d’eau liées à des problèmes sur la station de pompage de Babiri, l’une des principales sources d’approvisionnement pour Alep et ses environs. Les tensions et les dégâts sur les installations ont provoqué des coupures soudaines, affectant des millions de personnes.

Le réseau électrique reste lui aussi très fragile. Des organisations internationales et plusieurs rapports humanitaires décrivent des infrastructures énergétiques encore largement hors service, avec des quartiers entiers dépendant de générateurs privés. Dans de nombreuses zones du nord syrien, l’accès régulier à l’électricité et à l’eau potable demeure extrêmement limité.

Alep porte encore les cicatrices de la guerre civile. De nombreuses routes sont dégradées, des bâtiments restent en ruine et le système urbain peine à absorber le retour progressif de la population. Les infrastructures hydrauliques, sanitaires et routières sont encore fortement endommagées, et la reconstruction reste lente faute d’investissements suffisants.

Pendant ce temps, la population tente de s’adapter. Dans certains quartiers historiques, la vie continue entre ruines et services irréguliers, tandis que commerçants et familles cherchent à recréer une forme de normalité.

Quelques signes d’amélioration existent, avec la remise en service partielle de certains équipements et quelques projets de réhabilitation. Mais pour de nombreux habitants, ces avancées restent insuffisantes face à l’ampleur des besoins.

Le sentiment dominant est celui d’une ville qui survit plus qu’elle ne vit réellement. Et tandis que les déchets continuent de s’accumuler dans les rues, beaucoup d’habitants d’Alep s’accrochent surtout à l’espoir. « Que faire ? Prions et espérons », conclut Emile. Une phrase simple qui résume l’attente d’une véritable reconstruction.

 

 

Irina Smirnova