Le Pape François contre les mines antipersonnel, “des engins diaboliques qui nous rappellent la cruauté dramatique des guerres et le prix que les populations civiles sont obligées de payer” (S.C.)

“N’oublions pas les peuples qui souffrent à cause de la guerre : l’Ukraine, la Palestine, Israël et tant d’autres”. C’est ce qu’a demandé le Pape François dans ses vœux aux fidèles italophones à la fin de l’audience générale. “Prions pour les victimes des récents attentats contre des lieux de culte, ainsi que pour le peuple d’Haïti, où les crimes et les enlèvements par des bandes armées se poursuivent”, a-t-il ajouté, prononçant directement ces phrases après avoir fait lire le texte de la catéchèse par un prélat de la Secrétairerie d’État en raison des séquelles persistantes de la grippe (le pape n’est pas encore guéri à 100 %, à tel point qu’après l’audience générale, le pape François s’est rendu à l’hôpital Isola Tiberina Gemelli pour y subir des tests de diagnostic, après quoi il est retourné au Vatican).

“Le 1er mars, a également rappelé le pape, marque le 25e anniversaire de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, qui continuent à frapper des civils, des innocents, en particulier des enfants, même de nombreuses années après la fin des hostilités. “J’exprime ma sympathie aux nombreuses victimes de ces engins sournois, qui nous rappellent la cruauté dramatique des guerres et le prix que les populations civiles sont obligées de payer. À cet égard, je tiens à remercier tous ceux qui contribuent à l’assistance aux victimes et au nettoyage des zones contaminées. Leur travail est une réponse concrète à l’appel universel à “prendre soin de nos frères et sœurs”.

Les mines antipersonnel sont des mines terrestres conçues pour exploser en présence, à proximité ou au contact d’une personne. La plus “traditionnelle” en termes militaires est la mine à pression, qui, lorsqu’on marche dessus, déclenche l’explosif et provoque la déflagration. Mais les mines antipersonnel peuvent également être activées par des plaques, des fils et d’autres dispositifs/capteurs qui les rendent particulièrement sournoises et dangereuses. Surtout pour les enfants qui peuvent les prendre pour des jouets inoffensifs. Les mines existent à la fois sous forme de munitions militaires et d’engins explosifs improvisés (EEI), souvent utilisés par les rebelles, les insurgés et les miliciens pour tendre des embuscades à leurs ennemis et tuer des personnes sans défense. En Syrie, en Afghanistan, en Irak et dans d’autres pays, ils ont causé et continuent de causer un nombre important de victimes.

Ils peuvent être laissés sur le champ de bataille et rester actifs pendant des décennies après la fin d’un conflit, tuant des citoyens sans méfiance, souvent les enfants susmentionnés. Il suffit de dire qu’en 2020, selon le dernier rapport de l’Observatoire des mines des Nations unies 2021, 7 073 victimes ont été enregistrées dans le monde, dont 1 872 enfants. Quelque 2 500 personnes sont mortes, tandis que d’autres ont été gravement blessées et mutilées. En effet, les mines antipersonnel ne sont souvent pas conçues pour tuer, mais pour infliger de terribles souffrances à l’ennemi et l’inonder d’aide médicale. Le plus grand nombre de victimes en 2020 a été enregistré en Syrie, suivie par l’Afghanistan, le Burkina Faso, la Colombie, l’Irak et d’autres pays. Par rapport à 2019, on constate une augmentation de plus d’un millier de personnes touchées. En Italie, leur fabrication est interdite, bien que celles de Valsella, une entreprise de Pimentese qui a appartenu un temps au groupe Fiat, circulent encore dans le monde.

D’ailleurs, en janvier dernier, l’ambassade de Russie en Italie a accusé notre pays de fournir des mines antipersonnel à l’Ukraine en montrant une photo (celle qui accompagne cet article) ; le ministre de la défense, Guido Crescita, a rapidement démenti l’information. “Ces mines de fabrication italienne TS/6.1, ТS50 е TS/2.4 (MATS/2) ont été désamorcées par des sapeurs russes sur le territoire ukrainien. Et combien de ces “souvenirs d’Italie” y restent encore ? Les gens vont souffrir pendant longtemps”, a dénoncé l’ambassade de Russie en Italie. Le ministre de la défense Guido Crosetto a nié que notre pays ait fourni des mines antipersonnel à l’Ukraine, affirmant que l’Italie n’avait pas fourni de telles armes à l’Ukraine, mais le secret d’État placé sur les livraisons d’armes au gouvernement de Zelensky ne permet pas de vérifier la véracité des affirmations de Crosetto.

L’un des aspects les plus terrifiants des mines terrestres est qu’elles peuvent être abandonnées sur le champ de bataille et rester actives pendant des décennies après la fin d’un conflit, tuant des citoyens qui ne se doutent de rien, souvent les enfants susmentionnés. Il suffit de dire qu’en 2020, selon le dernier rapport de l’Observatoire des mines des Nations unies 2021, 7 073 victimes ont été recensées dans le monde, dont 1 872 enfants. Les morts s’élevaient à environ 2 500, tandis que les autres.

En effet, les mines antipersonnel ne sont souvent pas conçues pour tuer, mais pour infliger de terribles souffrances à l’ennemi et l’inonder d’aide médicale. Le plus grand nombre de victimes en 2020 a été enregistré en Syrie, suivie par l’Afghanistan, le Burkina Faso, la Colombie, l’Irak et d’autres pays. Par rapport à 2019, on constate une augmentation de plus d’un millier de personnes touchées.

Catéchèse

Lors de l’audience d’aujourd’hui, la pensée du pape s’est ensuite portée en particulier vers les fidèles des diocèses d’Émilie-Romagne et de Saint-Marin, accompagnés de leurs évêques, avec l’espoir que “le chemin du Carême soit l’occasion d’un retour à soi et d’un renouveau de l’esprit”.

“Je suis encore un peu froid, c’est pourquoi j’ai demandé à Mgr Ciampanelli de lire la catéchèse”, a-t-il commencé en ouvrant l’audience générale dans la salle Paul VI, où, a noté M. Sir, il est arrivé en fauteuil roulant, au lieu de marcher à l’aide d’une canne, comme c’est habituellement le cas le mercredi.

La catéchèse était consacrée à l’envie et à la vaine gloire, “deux vices” qui “sont propres à celui qui aspire à être le centre du monde, libre d’exploiter tout et tous, objet de toutes les louanges et de tous les amours”. “L’envie est un mal qui n’a pas seulement été étudié dans la sphère chrétienne : il a attiré l’attention des philosophes et des sages de toutes les cultures”, rappelle François dans le texte lu par le prélat : “À la base, il y a un rapport de haine et d’amour : l’un veut le mal de l’autre, mais secrètement, il souhaite lui ressembler. L’autre est l’épiphanie de ce que nous voudrions être, et qu’en réalité nous ne sommes pas. Sa bonne fortune nous semble une injustice : nous pensons que nous aurions mérité bien davantage ses succès ou sa bonne fortune”. “À la racine de ce vice, il y a une fausse idée de Dieu : nous n’acceptons pas que Dieu ait ses propres mathématiques”, différentes des nôtres, explique le pape : “Nous voudrions imposer à Dieu notre logique égoïste, alors que la logique de Dieu est l’amour. Les biens qu’il nous donne sont faits pour être partagés. C’est pourquoi saint Paul exhorte les chrétiens : “Aimez-vous les uns les autres avec une affection fraternelle, rivalisez d’estime les uns pour les autres”. Voilà le remède à l’envie !”.

“La vaine gloire est une estime de soi exagérée et sans fondement”. En effet, “le vantard possède un ego démesuré : il n’a pas d’empathie et ne se rend pas compte qu’il y a d’autres personnes que lui dans le monde. Ses relations sont toujours instrumentales, marquées par la domination de l’autre. Sa personne, ses réalisations, ses succès doivent être montrés à tous : c’est un perpétuel mendiant d’attention. Et si parfois ses qualités ne sont pas reconnues, il se met dans une colère noire. Les autres sont injustes, ils ne comprennent pas, ils ne sont pas à la hauteur”. “Pour guérir les vaniteux, les maîtres spirituels ne proposent pas beaucoup de remèdes”, observe le pape : “Car après tout, le mal de la vanité a son remède en lui-même : les louanges que le vaniteux espérait récolter dans le monde se retourneront bientôt contre lui. Et combien de personnes, trompées par une fausse image d’elles-mêmes, sont ensuite tombées dans des péchés dont elles auraient bientôt eu honte !

Selon François, “le plus bel enseignement pour vaincre la vanité se trouve dans le témoignage de saint Paul”, qui “s’est toujours accommodé d’un défaut qu’il n’a jamais pu surmonter” : “Par trois fois, il a demandé au Seigneur de le libérer de ce tourment, mais finalement Jésus lui a répondu : “Ma grâce te suffit ; en effet, c’est dans la faiblesse que la force se manifeste pleinement”. Depuis ce jour, Paul a été libéré. Et sa conclusion devrait également devenir la nôtre : “Je me glorifierai donc volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance du Christ demeure en moi”.

Avant l’audience générale, le Pape a reçu les membres du Synode des évêques de l’Église patriarcale de Cilicie des Arméniens, et le texte préparé pour l’occasion a été lu par Mgr Filippo Ciampanelli, de la Secrétairerie d’État.

C’est la deuxième fois que le Pape apparaît en public, après le léger syndrome grippal qui l’a frappé ces derniers jours et pour lequel, depuis samedi, ses engagements prévus ont été annulés par mesure de précaution, à l’exception de l’Angélus de dimanche dernier sur la place Saint-Pierre.

S.C.